Au fil des siècles, les révoltes étudiantes ont marqué l’imaginaire collectif tout en produisant un sens commun qui, de manière assez générale, a permis à l’avancement des sociétés qui les ont vécues.  Les répressions fréquentes par les forces gouvernementales de ces révoltes étudiantes souvent ont permis d’enflammer la fibre contestataire propre à chaque génération d’étudiantes et d’étudiants.

Récemment, le printemps arabe ramène ce grand dossier à l’ordre du jour.  Mai 68ne sera plus, dorénavant la marque du dernier soulèvement.  Avec force et caractère, les manifestants du printemps arabe poursuivent leur quête contre la dictature qui les embourbent et les poussent au chômage.

Vive le Québec libre qu'il disait...
Vive le Québec libre qu’il disait…

Il y a longtemps que je n’avais pas écrit sur mon blogue, stage et maitrise oblige, ou pas.  Paresse peut-être, sûrement!  Un ami m’a récemment offert d’écrire sur le sien, je lui ai dit que je manquais de temps…  Désolé je t’ai menti.  Ceci dit, je profite maitenant de cette modeste tribune pour cracher cette vision que j’ai de notre génération étudiante québécoise, et les suivantes, et les suivantes, et les suivantes engendrées par un système d’éducation pernicieux et fallacieux à souhait.  Voici pourquoi.

La beauté du roman, et de l’imaginaire, est de permettre à l’auteur d’exprimer une version des faits contraire à la version du vainqueur.  Si là est son intention bien sûr, il aura la collaboration de son public, tacite, consentant et redondant…  C’est aussi l’avantage que peut avoir le blogueur qui veut égoïstement se décharger de cette idée qui le travaille.  Les puristes vont crier à la théorie du complot, qu’ils crient!  Ça ne fera que prouver qu’ils n’ont pas d’arguments.  Pour ceux qui s’y opposeront de façon calme et claire, ayez au moins le courage de vos opinions…

Bon, préambule qui fini ou se poursuit, tout dépend de la position du lecteur.  Alors voilà!  Une version des faits qui explique pourquoi l’avenir du Québec est sombre, et pourquoi nous ne la verrons pas venir, cette dictature sournoise.

1-Le TECFÉE

Des taux de réussite frôlant, dans les meilleurs cas, 50% après deux tentatives.  Des étudiants, futurs profs, en colère devant cette difficulté et une société à moitié illetrée qui s’outrage de la chose comme si cela était une abbération générationnelle propre aux jeunes à dos larges.  Une sorte de manquement dans l’évolution de notre fleurdelysée.

Mais, fictionnellement parlant, le Tecfée représente la solution aux soulèvements populaires.  Ah oui?  Bon, une partie du moins, vous préférez?  Je préfère.

Un taux d’échec monumental à un examen impossible à réaliser (les bollés, c’est ici que vous intervenez!) permet à gré d’augmenter le nombre de cours de français dans les écoles, et dès le primaire pardieu!  Avec le consentment tacite, consentant et redondant de la population et surtout de sa locomotive Baby-Boom abonnée au Canal 10!

À croire qu’ils ont oublié cette époque…

Plus de place pour le français! Plus de place pour le français! Bon parfait, j’ai rien contre, mais à quel prix?  On coupe où? Les maths?  Ah ben non, on touche pas aux maths, c’est le langage universel de la connaissance, on peut pas leur faire ça!  Okay…

L’éducation physique?  Vous les trouvez pas déjà gros? En plus ça fait 10 ans qu’on coupe là-dedans, ils accepteront jamais.

Je l’ai! La religion!  Mais non!  On projète déjà de se créer assez de problèmes avec un nouveau cours, vous verrez, ils vont rien voir passer!

Bon d’accord…  Reste plus grand chose à couper là…  On va couper ailleurs vous allez voir!

2-La politique, l’histoire et la socio

Les enfants morts de la société québécoise.  Papineau?  C’est un pont!  René Lévesque? Un boulevard! Pierre Laporte? Facile, un ministre libéral assassiné par le FLQ!  Ben non sans-dessein, c’est le pont à côté du pont…  Ah bon?

Au primaire, on leur enseigne à peu près les bases d’une société occidentale quelconque, qui pourrait ressembler à la nôtre.  Au secondaire, on leur enseigne à peu près les bases d’une société occidentale quelconque, qui pourrait ressembler à la nôtre, doublé de toute cette époque Antique qui nous amène les fondements des sociétés actuelles.  Bref, des bases indispensables mais minimales, on va pas plus loin, de toute façon ils seront pas assez bon en français sinon…

C’est ainsi qu’au Cégep, ils ont le goût d’en apprendre de la politique, de l’histoire et de la socio…  C’est là qu’on se met à rire!  Bah non on a pas le goût d’en apprendre, de toute façon je suis déjà en train de me casser la tête avec mon épreuve uniforme de français, fak ton brûlage de brassières là… 

Les droits des femmes, une espèce en voix (!) d’extinction

Et c’est fort de toute cette connaissance qui nous rend si jaloux de nos cousins français que nous allons aux urnes, ou pas.  Et la politique qui se lave les mains de s’intéresser aux jeunes parce que les jeunes ne s’intéressent pas à elle…  Donc ils sont tacites, consentants et redondants à avoir le dos large, et le porte-feuille de plus en plus mince.  Mais on leur promet des emplois incroyables, à la hauteur de leur éducation, de plus en plus supérieure à rabais.  Français oblige…

Sauf que ce qu’on dit pas, c’est l’impossibilité qu’on aura, nous jeunes à dos larges, de rembourser toute cette dette sociale, et pire encore, cette incapacité de se rendre compte de tout ça car la relève va étudier son français plutôt que de s’armer pour la société et de se préparer à y prendre une place légitime.  Tout en ne le sachant pas, parce que Statistiques Canada ne sera plus là, mais ça c’est un autre débat.

Attention, je ne critique pas les cours de français ici, je dis juste qu’on fait face à un problème grave!

3-On fait quoi alors?

Ben c’est ça le problème grave, on fait rien!  Parce qu’au Québec, la chicane c’est pas beau…  Alors je vais aller accrocher des posters du Che dans ma chambre à la gauche de la porte de la Paix céleste (天安门 en chinois) et je vais continuer de penser à cette combine gouvernementale pour abêtir ses jeunes.  Je vais tenter d’en magouiller une pour contrer cette exode des cerveaux, qui de toute façon, ne peuvent plus se développer au Québec, à moins qu’on se garroche dans le grand Nord?  Paraît qu’y aura d’la job là-bas…