GSO-1001

MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE I

1-Modèle d’une démarche scientifique

1. Phase conceptuelle

  • Premières étapes de la phase de conceptualisation:
  • Problématique: – Définition du problème
  • – Importance de la recherche
  • – État de la question
  • – Questions de recherche

Le problème de recherche

  • La notion de problème de recherche fait référence à un trou, un écart dans les connaissances scientifiques sur une question spécifique.
  • Selon McGuigan (1990), toute recherche scientifique commence là où, d’une part, il existe déjà un certain niveau de connaissances et où, d’autre part, ces connaissances indiquent qu’il y a quelque chose que l’on ne connaît pas encore.
  • Les principales caractéristiques d’une bonne question de recherche sont les suivantes :
  1. – La question de recherche doit être pertinente
  2. – La question de recherche doit être claire et précise
  3. – La question de recherche doit être faisable
  4. – La question de recherche doit suggérer la direction à prendre pour réaliser la recherche.

Recherche qualitative et recherche quantitative

La recherche qualitative

  • La recherche qualitative est une orientation relativement nouvelle en science . Elle a pour but de générer de nouvelles connaissances pour la compréhension de phénomènes contribuant à améliorer la pratique dans les milieux d’étude (ex. en éducation). Elle met l’accent sur l’exploration en profondeur, de la richesse, de la complexité caractérisant certains phénomènes plutôt que l’établissement d’une relation de causalité entre des variables déterminées. Elle nécessite discipline, rigueur et un grand engagement de la part des chercheurs.
  • Il existe quatre approches distinctes en recherche qualitative :
  1. – La recherche phénoménologique : Ce type de recherche décrit des expériences individuelles exactement de la façon dont les personnes les vivent (les perceptions des sujets à propos de leur propre réalité)
  2. – La méthode inductive de l’élaboration d’une théorie (grounded theory) : Ce type de recherche ne s’appuie sur aucune théorie reconnue. On observe, recueille les données, les organise puis on développe des éléments théoriques
  3. – La recherche ethnographique (contribution de l’anthropologie) : Ce type de recherche se réfère au processus systématique d’observer, de détailler, de décrire, d’enregistrer et d’analyser les manières de vivre d’un peuple dans son environnement.
  4. – La recherche historique : Elle consiste à examiner les événements du passé. Par ex. : Qui étaient les universitaires avant la révolution tranquille au Québec ?

La recherche quantitative

  • Selon Legendre (1993), la recherche quantitative préconise l’utilisation d’instruments de mesure pour préciser les observations ainsi que l’utilisation de méthodes statistiques pour analyser et interpréter les résultats.
  • La recherche quantitative est apparue suite à l’essor de la psychologie expérimentale au XIXe siècle. Cette approche vise à réduire la subjectivité des chercheurs ainsi que les déformations que ces derniers peuvent apporter involontairement aux données recueillies. Les résultats doivent être indépendants de la personnalité des chercheurs.

-Inspiré de Poisson (1990)

Modèle d’un compte rendu scientifique:

  • Titre de l’article :
  • Auteur(s) :
  • Références :
  • Sujet :
  • Problème de recherche :
  • But de l’étude :
  • Questions de recherche :
  • Cadre de référence :
  • Hypothèses de recherche (s’il y a lieu) :
  • Méthodologie :
  • Résultats :
  • Conclusion :
  • Pistes de recherche :

Deuxième partie de la phase conceptuelle:

  • Phase conceptuelle: -Cadre théorique
  • -Recension des écrits
  • – Hypothèse

2. La recension des écrits

  • La recherche d’information permet de déterminer le niveau actuel des connaissances par rapport à un problème de recherche. La formulation du problème fournit des descripteurs (mots clés) devant servir à la recherche. Par la suite, dans des articles (scientifiques), des documents, des rapports, des thèses, on identifie les concepts ou la théorie qui serviront de cadre théorique.
  • Importance de la recension des écrits
  1. Connaître ce qui a déjà écrit sur le domaine qui nous intéresse nous évite de réinventer la roue, c’est-à-dire d’effectuer un travail de recherche déjà accompli (à moins si ce n’est, bien sûr, dans le but avoué de le reproduire)
  2. Être au courant des débats théoriques du moment
  3. Confronter ses idées avec celles des autres chercheurs
  4. Examiner l’opérationalisation des variables, le type de mesures, la taille de leur échantillon (etc.)…
  • Une recension des écrits comprend les étapes suivantes :
  1. Identifier et localiser les publications pertinentes
  2. Résumer et documenter les publications pertinentes
  3. Comparer et critiquer la contribution des chercheurs

Sources

  • La recension des écrits est basée sur différentes sources bibliographiques. Les sources bibliographiques sont les différents moyens utilisés pour transmettre et archiver des écrits. Généralement, on classifie les écrits en deux grands groupes, les sources primaires et les sources secondaires.

Sources primaires et secondaires

  • Les sources primaires sont celles où les auteurs présentent leur théorie personnelle ou le rapport original de leurs recherches personnelles:
  • Loiselle, J., Basque, J., Fournier, H. et Chomienne, M. (2004). Les habitudes de recherche et de traitement de l’information des étudiants universitaires utilisant des environnements d’apprentissage informatisés. Res Academica, 22(2), p.215-230.
  • Les sources secondaires sont celles où la source primaire est citée et présentée de manière résumée, par un autre auteur que celui de la source primaire, ex., les expériences décrites dans les manuels de psychologie, les dictionnaires, les articles de journaux.
  • Pinsonnault, P. (2004). La détection de la somnolence au volant : une préoccupation de premier ordre pour Nicholas Bourré. Entête, 4 (11), 1-2.

On distingue quatre moyens de diffusion de la littérature scientifique :

  • les livres, par ex., le livre de Reuchlin (1979), Psychologie, présente les recherches et les théories importantes pour l’ensemble du domaine de la psychologie, celui de Feldman et Rimé (1991), Fundamental of nonverbal behavior, fait le point sur les différents courants de recherche du domaine du comportement non verbal et celui de Bandura (2003), Auto-efficacité : le sentiment d’efficacité personnelle qui traite des dimensions individuelles et collectives de l’auto-efficacité.
  • les revues scientifiques (sources la plus souvent utilisées par les chercheurs), par ex., Res Academica, Revue des sciences de l’éducation…
  • Les actes des congrès (le délai de publication est en général d’au moins un an)
  • Les communications personnelles (des informations que s’échangent directement les chercheurs)

Cadre de référence : cadre s’appliquant surtout aux études exploratoires ou aux études descriptives.

  • – Il précise les types d’observations à faire et la nature des informations à recueillir
  • – Il présente les concepts qui seront analysés dans l’étude sans nécessairement les intégrer dans une théorie

Cadre conceptuel : ce cadre suppose un apport théorique.

  • – Il définit les concepts à l’étude
  • – Il précise les relations entre les concepts
  • – Il hiérarchise l’influence des concepts sur l’ensemble du phénomène étudié

Cadre théorique : ce cadre constitue un plan théorique.

  • – Il s’applique aux recherches de vérifications ou aux recherches confirmatoires
  • – Il présente une théorie déjà existante ou encore, une nouvelle théorie
  • L’élaboration d’un cadre théorique
  • L’élaboration d’un cadre théorique désigne en fait le processus de concrétisation de ce que l’on veut étudier scientifiquement. Trois opérations sont requises :
  1. l’inventaire des théories
  2. l’examen critique de ces théories (période où on se fait traiter de fou (folle) parce que l’on parle avec des livres)
  3. le choix de l’une d’entre elles, sa modification ou la construction d’une nouvelle théorie
  • Ce processus permet de passer à la question de recherche générale et plutôt abstraite aux comportements mêmes que l’on propose d’observer dans la réalité. On délaisse ainsi le côté abstrait pour passer au côté concret de la recherche.

L’opérationnalisation du cadre théorique

  • Opérationnaliser une recherche constitue une étape intermédiaire entre l’hypothèse de recherche et la vérification de cette hypothèse de recherche (s’il s’agit d’une recherche quantitative) ou l’atteinte d’objectif(s) de recherche (s’il s’agit d’une recherche qualitative). En d’autres mots, il faut identifier les concepts de la recherche, les définir et déterminer les dimensions, les composantes et les indicateurs ou indices (s’il y a lieu).
  • Un concept : un concept est une représentation abstraite d’un objet réel (table qui représente l’ensemble des tables) ou un construit, ex. attachement maternel, épuisement professionnel. On peut construire une carte conceptuelle à partir des connaissances acquises lors de l’exploration de la recension des écrits et en se basant sur la théorie choisie.
  • Les dimensions : les dimensions sont des composantes des concepts (stratégie de recherche et de traitement de l’information)
  • Les composantes : les composantes sont des parties des dimensions. Par ex., les stratégies cognitives, affectives, de gestion et métacognitives sont des composantes du concept stratégie de recherche et de traitement de l’information
  • Les indicateurs ou indices : les indicateurs ou indices sont les signes ou les manifestations objectivement repérables et mesurables des dimensions d’un concept (par ex., l’acquisition de l’information, les attitudes, les connaissances, la valeur de la tâche, le temps, …)

L’hypothèse

  • En général, une hypothèse est une réponse provisoire à une question de recherche. C’est une tentative de résoudre le problème. Selon plusieurs auteurs et chercheurs, l’hypothèse est la clé de voûte de toute recherche expérimentale.

Les variables

  • Les variables sont par définition des caractéristiques de sujets, d’objets ou d’événements liés à des concepts ou construits et pouvant prendre diverses valeurs selon le type de recherche.
  • Dans le cas des recherches qualitatives, on ne parle pas de variables ni d’hypothèses. On parle de facteurs ou des concepts, des dimensions, des notions à l’étude, de buts ou d’objectifs.
  • Dans le cas de recherches descriptives simples (enquêtes ou sondages), on parle de variables à l’étude ou de variables associées (par ex. : Le taux de chômage en Mauricie).
  • Dans le cas d’une recherche expérimentale, elles sont des éléments d’une hypothèse dont on peut attribuer diverses valeurs et qui, comme leur nom l’indique, varient.

Il existe plusieurs types (catégories) de variables :

  • – Variable indépendante (VI) : cette variable est celle que l’on manipule pour en mesurer l’effet sur la variable dépendante. Elle est la cause. En d’autres mots, la variable indépendante est un facteur explicatif.(Ex. : Le cas d’un chercheur qui prédit que le degré de compréhension d’un texte technique dépendra du temps alloué aux participants pour la lecture du texte. Le temps = VI).
  • – Variable dépendante (VD) : cette variable est celle sur laquelle s’exerce l’action dans le but de mesurer des variations. Elle est l’effet. Elle subit l’influence présumée de la VI. (Ex. : Le cas d’un chercheur qui prédit que les participants tristes sont susceptibles de travailler plus lentement que les participants joyeux. Le temps = VD).
  • – Variable médiatrice : cette variable représente le mécanisme générateur ou le processus explicatif par lequel la VI peut arriver à influencer la VD. Par ex. : Variation stylistique (variable médiatrice) des autoportraits (VI) et adaptation de l’enfant à l’école primaire (VD).
  • – Variable modératrice : cette variable morcelle la VI en sous-groupes pour lesquels l’influence de la VI dur la VD sera différente. Par ex. : Effet du sexe (variable modératrice) sur la relation entre la solitude (VI) et la performance académique d’étudiants universitaires (VD).

La formulation de l’hypothèse de recherche

Deux formulations de l’hypothèse :

  • – une formulation logique comme une proposition conditionnelle «si…, alors…» : si telle condition est présente (état de la variable indépendante), alors tel phénomène doit être observé (état de la variable dépendante). Elle s’énonce au présent.
  • – une formulation mathématique comme une fonction : y = f(x), où la variable dépendante (y) est une fonction (f) de la variable indépendante (x).

Fortin (1996) relève certains facteurs comme étant essentiels à la formulation d’une hypothèse :

1) l’énoncé de relations (l’hypothèse doit prédire la relation entre les variables (la covariation) par ex. :

  • a. pour une hypothèse simple (relation d’association), on peut énoncer : «la variable X1 est reliée à la variable X2 dans une population particulière ») (p.103) : Les attitudes des enseignants de la maternelle selon le sexe des élèves
  • b. pour une hypothèse directionnelle (relation de causalité), on peut énoncer : «Le soutien préopératoire structuré est plus efficace pour réduire les perceptions de la douleur postopératoire et la demande d’analgésiques que le soutien postopératoire structuré. » (p.103)

2) le sens de la relation par les termes : «plus que, moins que, plus grand que, différent de »

3) la vérifiabilité : on doit être capable de mesurer et/ou d’observer dans la réalité les variables à l’étude (les perceptions, les attitudes, le comportement, les discours…). Par ex. : faire une recherche sur les « Rods » ou ovnis par une pêche en plein ciel.

4) la consistance théorique : on s’appuie sur des écrits

5) la plausibilité : on donne du sens et il faut que cela tienne la route.

  • À la suite de l’analyse des résultats, nous pouvons vérifier si ce que nous avons prévu dans l’hypothèse se produit ou non. Une hypothèse est confirmée lorsque la recherche démontre la véracité de la prévision élaborée à la fin du cadre théorique. Une hypothèse est infirmée lorsque la recherche ne peut montrer la véracité de la prévision élaborée à la fin du cadre théorique.
  • Il est important de réfuter (de rejeter) un préjugé répandu : si une hypothèse est infirmée par les résultats de la recherche, cela veut dire que tout le travail effectué est un échec et si une hypothèse est confirmée que la recherche a bien été menée. La valeur d’une recherche dépend des précautions que le chercheur place pour éliminer les biais susceptibles de se glisser dans le processus de collecte et d’analyse des données (par ex. les interactions entre les participants et l’expérimentateur, l’influence d’une première mesure sur une deuxième mesure, etc.).

Les critères d’une hypothèse

Cinq critères doivent être respectés lors de la formulation de l’hypothèse :

  1. l’hypothèse doit être empirique, c’est-à-dire qu’elle doit être opérationnelle, faisable et vérifiable
  2. l’hypothèse doit être en harmonie avec la littérature existante
  3. l’hypothèse doit être choisie avec un minimum de principes
  4. l’hypothèse doit produire des informations intéressantes pour la communauté scientifique
  5. l’hypothèse ne doit pas entraîner de problèmes d’éthiques.

Ces quelques critères pourront servir d’évaluation entre les bonnes et les mauvaises hypothèses.

Hypothèse ou objectif

  • À l’instar de Giroux et Tremblay (2002), il est important de réfuter que les hypothèses soient plus sérieuses et plus scientifiques que les recherches qui poursuivent un objectif. Le choix entre une hypothèse ou un objectif s’appuie sur l’état des connaissances du phénomène étudié. Que l’on énonce un objectif ou une hypothèse, cela demeure un moment important du processus de la recherche scientifique, car cela détermine la nature des données que l’on désire recueillir.
  • Un chercheur opte pour une hypothèse lorsqu’il existe de nombreuses données sur le phénomène (par ex. Vallerand avec l’étude sur la motivation avec les passionnés obsessifs et les passionnés harmonieux). Un chercheur va opter pour un objectif pour entamer une étude exploratoire lorsqu’il existe peu de données sur le phénomène étudié (par ex. l’étude de la cyberindépendance).

L’analyse conceptuelle

  • L’analyse conceptuelle est l’étape qui permet de «traduire en termes concrets et mesurables (nos concepts) » (Giroux et Tremblay, 2002, p.49) soit identifier les concepts de la recherche, les définir et déterminer les dimensions, les composantes et les indicateurs ou indices (s’il y a lieu) (voir les notes du cours 4 pour la définition des termes).
  • L’analyse conceptuelle en trois étapes :
  1. – Première étape : définir les concepts et les variables à l’étude. L’analyse conceptuelle débute par le repérage dans la documentation des sens donnés par les chercheurs à chacun de nos concepts. Donc, on doit tenir compte des recherches antérieures pour définir nos concepts. Prenons un exemple tiré de Vallerand et Hess (2000), le concept d’humeur peut faire référence à toute une série d’états différents : joyeux, triste fâché, anxieux, surpris, déprimé, etc.
  2. – Deuxième étape : dégager les dimensions pertinentes à notre étude. Par exemple, pour le concept d’humeur, dans le contexte d’une étude, il n’est pas possible d’induire tous les états. On peut choisir la représentation la plus concrète du concept « humeur » que l’on veut étudier soit la joie et la tristesse comme l’ont fait Forgas et Fielder (1996).
  3. – Troisième étape : opérationnaliser les concepts. Maintenant, il faut rendre nos concepts mesurables ou observables afin que d’autres personnes puissent évaluer les mêmes concepts que nous et obtenir les mêmes résultats. Ainsi dans l’exemple de l’humeur, les chercheurs ont émis que l’humeur influence la discrimination intergroupe. Dans leur étude, les participants devaient regarder de courts extraits de films (manipulation) provoquant des humeurs joyeuses ou tristes avant de procéder à une série de jugements sociaux pouvant mener à divers niveaux de discrimination intergroupe.

3. Phase méthodologique

  • La méthodologie est la «stratégie, le plan d’action, le processus sous-jacent aux choix et à l’application de techniques de travail spécifiques nommées méthodes. Elle fait le lien entre le choix des méthodes et les résultats attendus.» (Crotty, 1998, p.3).
  • La méthodologie est comme «l’ensemble des perspectives sur la recherche ; elles dégagent une vision de la nature de la recherche et comment celle-ci devrait être conduite.» (Potter, 1996, p.50).
  • En comprenant bien ces définitions, on voit que les méthodes de travail (techniques de collecte de données, techniques d’analyse) ne constituent pas en elles-mêmes la méthodologie, mais bien l’opérationnalisation des choix méthodologiques.
  • En fait, ce qu’il est important de comprendre, c’est que faire une recherche scientifique dépasse la décision d’effectuer, par exemple, dix entrevues auprès d’enseignants experts en enseignement stratégique. Réaliser une recherche scientifique, c’est situer le problème de recherche, le cadre théorique et la méthodologie dans un ensemble logique et cohérent (des choix raisonnés). Une fois la méthodologie définie, le chercheur choisit des techniques de travail, des façons de recueillir des données que l’on désigne les méthodes.
  • Le biais, c’est toute condition ou tout ensemble de conditions qui risque de fausser les résultats. Plusieurs facteurs liés à la recherche peuvent être biaisés : le chercheur, les sujets, l’échantillon, les instruments de mesure, les données.
  • La manipulation, c’est l’introduction d’une variable indépendante (traitement, intervention, programme) dans une situation de recherche et la vérification de l’effet de cette variable sur une variable dépendante ou plus.
  • Le contrôle, c’est un ensemble de moyens utilisés pour réduire au minimum, voire éliminés, les sources d’erreur et les influences extérieures pouvant affecter les résultats d’une recherche.
  • La causalité: selon la théorie de la causalité, les phénomènes ont des causes, et les causes produisent des effets : la complexité des relations causales ne nous permet pas toujours de désigner chaque variable comme la seule cause possible de l’apparition d’un phénomène particulier.
  • La probabilité, c’est un principe scientifique selon lequel il n’y a aucune certitude absolue, en particulier dans les relations de cause à effet, qu’un événement se produise.
  • La validité interne, elle fait référence aux conclusions plausibles sur la relation de cause à effet reliant la variable indépendante au changement dans la variable dépendante.
  • La validité externe, elle fait référence à la possibilité de généraliser des résultats à d’autres populations.

Les types de recherche

Classification des types de recherche en fonction du but visé

  • Études d’exploration et de description des phénomènes, (Niveau 1 et Niveau 2) peuvent être des recherches quantitatives (enquêtes, sondage) ou des recherches qualitatives ayant un devis descriptif si on part de la situation pour conceptualiser un événement ou d’un devis exploratoire descriptif si on part d’un ou des concepts pour décrire une situation. Avoir un devis descriptif signifie que la démarche et les outils de cueillette de données puissent nommer, classifier, décrire une population ou conceptualiser une situation. Les variables ou les concepts sont aléatoires (soumis au hasard).
  • Études d’exploration et d’explication de relations entre les phénomènes (Niveau 3), sont des recherches de vérification de modèles théoriques. Les variables ou les concepts sont choisi( e)s.
  • Études de vérification de relations de causalité, (Niveau 4), demandent un devis explicatif et prédictif. Elles sont des recherches expérimentales.
  • Recherche quantitative
  • La recherche quantitative peut être regroupée en trois modèles que les auteurs appellent 1) modèle expérimental, 2) modèle quasi expérimental et 3) modèle pré-expérimental.

Échantillonnage

  • Vous travaillez avec des échantillons. La nature fondamentale de l’échantillon tient à une seule caractéristique : observer une partie seulement d’un ensemble particulier (les cerises, la soupe…) dans le but de porter un jugement global ou de connaître l’ensemble dans son entier.
  • Cela permet d’économiser considérablement du temps et de l’énergie malgré le risque que l’on court de se tromper ou de tirer une conclusion erronée au sujet de l’ensemble.
  • Selon Fortin (1996), l’échantillonnage est « le procédé par lequel un groupe de personnes ou un sous-ensemble d’une population est choisi en vue d’obtenir des informations à l’égard d’un phénomène, et de telle sorte que la population entière soit représentée. »
  • La population est par définition, un ensemble d’éléments possédant une ou plusieurs caractéristiques en commun. Ces éléments peuvent être des sujets (individus), des objets ou des événements.
  • Exemple: Le chercheur a choisi une population mère, celle des étudiants universitaires du Québec. La population accessible est constituée de sujets qui fréquentent l’UQTR pour leur formation universitaire. L’échantillon est constitué des étudiants du baccalauréat en communication sociale et en loisir.
  • Malheureusement, en réalité, un échantillon n’a pas toujours les mêmes caractéristiques que sa population mère. La représentativité d’un échantillon comporte une marge d’erreur qu’on nomme une « erreur d’échantillonnage ».
  • Lorsque l’on parle de la façon dont les unités statistiques ont été retenues, cela correspond à la méthode d’échantillonnage. Les méthodes ou techniques d’échantillonnage se divisent en deux grandes catégories :
  • 1) l’échantillonnage probabiliste et 2) l’échantillonnage non probabiliste.
  1. l’échantillonnage probabiliste : le choix de l’échantillon repose sur le hasard. Voici trois types d’échantillonnage probabiliste :
  • a. l’échantillonnage aléatoire simple : technique qui considère que chacun des éléments (sujets) d’une population cible ou donnée a une chance égale de faire partie de l’échantillon. (Méthode la plus facile)
  • b. l’échantillonnage aléatoire stratifié : technique qui consiste à diviser la population cible ou donnée en strates, c’est-à-dire, en sous-groupes et à tirer au hasard un échantillon dans chaque strate.
  • c. l’échantillonnage en grappes: technique qui consiste à prélever au hasard les éléments de la population par grappes plutôt qu’à l’unité.
  • Avantages de l’échantillonnage probabiliste : Prudent et précis à cause des théories de l’échantillonnage
  • Inconvénients de l’échantillonnage probabiliste : Sensible aux imprévus au moment de la collecte des données

2.     l’échantillonnage non probabiliste : le procédé de sélection où tous les éléments (sujets) n’ont pas la même chance de faire partie de l’échantillon. Voici quatre types d’échantillonnage non probabiliste :

  • a. l’échantillonnage accidentel : technique où les éléments (sujets) sont choisis par le chercheur au fur et à mesure qu’ils se présentent à un endroit déterminé, à un moment précis.
  • b. l’échantillonnage par quotas : technique qui consiste à diviser la population cible ou donnée en strates, c’est-à-dire, en sous-groupes à l’intérieur de la population (âge, groupes ethniques) proportionnellement à cette population. Il est le type le moins imparfait de l’échantillonnage non probabiliste.
  • c. l’échantillonnage par choix raisonné : technique où les éléments (sujets) sont choisis par le chercheur pour constituer un échantillon de sujets ayant des caractéristiques typiques du groupe auquel ils appartiennent.
  • d. l’échantillonnage de volontaires : technique faisant appel à des volontaires pour former l’échantillon. (Méthode souvent utilisée en sciences sociales et humaines)
  • Avantages de l’échantillonnage non probabiliste : simple à organiser, peu coûteux
  • Inconvénients de l’échantillonnage non probabiliste : création de biais par le manque de représentativité de la population cible (il ne donne pas une chance égale à chaque sujet de la population cible), limite la généralisation des résultats.

La taille de l’échantillon est le nombre de sujets (participants) à considérer pour former un échantillon. Fortin (1996) mentionne plusieurs facteurs à tenir compte pour estimer la taille de l’échantillon. On y retrouve entre autres :

  • – le but de l’étude (explorer et décrire des phénomènes
  • – l’homogénéité de la population concernant le phénomène étudié
  • – la technique d’analyse statistique

On doit bien déterminer le nombre de sujets à inclure dans l’échantillon afin d’obtenir des résultats possibles de notre étude, c’est-à-dire, une mesure.

  • Instruments de mesure : méthodes et techniques

Dans les écrits portant sur les méthodes de recherche, trois méthodes sont souvent mentionnées : l’expérimentation (méthode expérimentale), la méthode d’enquête et la méthode d’analyse des traces.

  • Expérimentation (méthode expérimentale)
  • La méthode expérimentale veut mettre en évidence les liens de cause à effet entre un phénomène et ses déterminants (facteurs). Elle est très souvent utilisée en sciences de la nature. Cependant, elle est souvent inapplicable en sciences humaines. Nous avons vu les modèles, les caractéristiques et les devis pouvant s’appliquer à l’expérimentation, au cours 7, section recherche quantitative.
  • Techniques les plus appropriées : 1) le questionnaire (instrument de collecte consistant en un document sur lequel sont inscrites des questions et les réponses des participants), 2) la technique de l’entrevue (collecte des données qui consiste à recueillir le point de vue personnel des participants sur un sujet donné dans le cadre d’un échange verbal entre le chercheur et les participants), 3) la technique de l’observation (collecte des données où le chercheur mesure les caractéristiques de certains comportements des participants dans un contexte donné).

Méthode d’enquête

  • La méthode d’enquête permet de repérer les relations d’association entre un phénomène et un déterminant. Contrairement, à la méthode expérimentale, elle ne permet d’isoler les causes d’un phénomène.
  • Techniques les plus appropriées : 1) le sondage* (technique qui consiste à interroger une partie de la population au moyen d’un questionnaire pour obtenir des données sur l’ensemble d’une population) et le recensement (enquête menée au moyen d’un questionnaire généralement auprès de toute une population), 2) la technique de l’entrevue, 3) la technique de l’observation
  • Dans les écrits, nous retrouvons plusieurs types de sondages, le tableau suivant présente des avantages et des inconvénients des différents types de sondages.

Règle d’or pour la construction des questions

1. Éviter les termes ambigus

  • (inadéquate) Quel est le revenu de votre famille ?
  • (version améliorée) La somme des revenus annuels avant impôts touchés par vous et les personnes habitant sous le même toit que vous s’élève à :

2. Utiliser un vocabulaire usuel et éviter les termes compliqués

  • (inadéquate) Vous est-il arrivé de subir des blessures aux malléoles en jouant au soccer ? Oui___ Non___
  • (version améliorée) Vous est-il arrivé de subir des blessures aux chevilles en jouant au soccer ? Oui___ Non___

3. Employer des termes neutre

  • (inadéquate) Êtes-vous d’accord avec l’adoption d’une loi antitabac pour protéger la santé de la population ? Oui___ Non___
  • (version améliorée) Êtes-vous d’accord avec l’adoption d’une loi antitabac ? Oui___ Non___

4.Interroger sur un seul élément à la fois

  • (inadéquate) Votre père et votre mère ont-ils un emploi ? Oui___ Non___
  • (version améliorée) Quelle est la situation de votre mère sur le marché du travail ?
  • a) Travailleuse à temps plein (au moins 32h/sem en moyenne)
  • b) Travailleuse à temps partiel (moins 32h/sem en moyenne)
  • c) Sans emploi

5.Pas de négation

  • (inadéquate) Êtes-vous d’accord ou non avec le fait que l’association étudiante ne devrait pas utiliser les cotisations étudiantes pour une campagne publicitaire en faveur de la grève ? D’accord____ Pas d’accord____
  • (version améliorée) Êtes-vous d’accord ou non avec l’affirmation suivante :
  • L’association étudiante devrait utiliser l’argent des cotisations étudiantes pour le financement d’une campagne publicitaire en faveur de la grève. D’accord____ Pas d’accord____

6.Ne pas poser de questions d’anticipation ou de questions invraisemblables

  • (inadéquate) Croyez-vous que des OVNI viendront détruire l’Amérique du Nord à Noël ?

Méthode d’analyse des traces

  • La méthode d’analyse de traces est la méthode de recherche permettant d’établir des liens entre un phénomène et ses déterminants en faisant l’examen des traces laissées par les activités des humains.
  • Techniques les plus appropriées : 1) technique d’analyse historique (technique qui, après avoir établi l’historiographie du phénomène demande une évaluation critique interne et externe du matériel à l’étude, 2) technique d’analyse de contenu (technique qui consiste à établir des caractéristiques d’un corpus de données) et 3) technique d’analyse de registres statistiques (technique qui consiste à étudier des séries statistiques déjà rassemblées pour en dégager de nouvelles informations).

Formes d’entrevue

  • Fortin (1996) propose deux types d’entrevue en fonction de deux paramètres : le degré de liberté laissé aux répondants et le degré de profondeur de l’investigation. Cependant, on retrouve dans les articles scientifiques quatre formes d’entrevue :
  • – Entrevue dirigée, structurée ou uniformisée : entrevue qui requiert le plus de contrôle sur le contenu, le déroulement. Les questions sont fermées, c’est-à-dire, les réponses sont déterminées d’avance ;
  • – Entrevue non dirigée, ou non directive, non structurée ou non uniformisée : entrevue qui laisse libre la formulation et la séquence des questions qui ne sont pas prédéterminées ;
  • – Entrevue semi-dirigée, partiellement structurée : entrevue qui se situe entre les deux extrêmes ;
  • – Focus groupe : entrevue de groupe qui exige une grande vivacité d’esprit de la part de l’interviewer.

Étapes de l’entrevue

  • Étapes d’une bonne entrevue :
  1. Première étape : la discussion d’accueil
  2. Deuxième étape : le démarrage de l’entrevue
  3. Troisième étape : le corps de l’entrevue
  4. Quatrième étape : la clôture de l’entrevue

Observation

  • Dans la technique de l’observation, un effet entre en jeu, désigné effet d’intrusion. Certaines stratégies sont proposées pour contrer cet effet de déformation de la mesure d’un comportement étant provoquée par la simple présence d’un observateur.
  • – L’observation non dissimulée : le chercheur admet ouvertement qu’il observe
  • – L’observation participante : le chercheur s’intègre au groupe qu’il étudie
  • – L’observation dissimulée : le chercheur observe sans le dire
  • – L’observation non participante : le chercheur ne participa pas aux activités du groupe étudié

Types d’observations

  • On distingue deux types d’observations :
  1. Observation libre : technique d’observation régulièrement utilisé en anthropologie pour étudier l’étude des peuples. Les comportements observés ne sont pas déterminés d’avance
  2. Observation systématique : technique d’observation ayant des consignes rigoureuses dans une grille prévue à cet effet pouvant porter sur cinq dimensions différentes du comportement ; la fréquence, la durée, le contexte, l’ordre et la latence

Grille d’observation

  • La grille d’observation des comportements détermine les comportements à étudier et les dimensions de ces comportements qui devront être identifiées compte tenu de l’objectif et/ou l’hypothèse de recherche (Quoi, qui, où et quand).

La collecte et le traitement des données

  • PLAN DE TRAITEMENT DES DONNÉES:
  1. Numérotation des questionnaires remplis.
  2. Première inspection visuelle (questionnaires remplis et corrections au besoin).
  3. Fermeture des questions ouvertes (au besoin).
  4. Codification du questionnaire (réponses obtenues).
  5. Programmation informatique.
  6. Saisie des données.
  7. Deuxième inspection visuelle (données saisies).
  8. Traitement des données (à la lumière du plan d’analyse des données).

4. Phase empirique

PLAN D’ANALYSE DES DONNÉES

  • – Préparation de l’analyse
  • – Inspection visuelle des questionnaires.
  • – Fermeture des questions ouvertes.
  • – Programmation informatique.
  • – Saisie des données.
  • – Inspection visuelle des feuilles de saisie des données

Choix et exécution des analyses.

  • Analyse exploratoire
  • Vérification de la normalité des distributions des données
  • Identification des données aberrantes et valeurs extrêmes.
  • Analyse descriptive
  • Description des variables étudiées en lien avec les caractéristiques sociodémographiques des participants.
  • Comparaison des moyennes (Écart type; mesure de dispersion et moyenne; mesure de tendance centrale).
  • Analyse vérificatrice (s’il y a lieu)
  • Tester ou vérifier la confirmation ou l’infirmation des hypothèses.

PLAN D’INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS

Comparaison entre vos résultats et ceux des auteurs recensés

  • – s’ils sont identiques, similaires ou semblables, faire un constat de situations.
  • – s’ils sont différents ou contradictoires, alors fournir une explication ou justification scientifique ou « rigoureusement » logique.

Examen de vos résultats en lien avec :

  • – le problème de recherche (dans quelles mesures, vos résultats permettent-ils de résoudre partiellement ou totalement ou pas du tout le problème de départ ?).
  • – le but et les objectifs de l’étude (dans quelles mesures, vos résultats permettent-ils d’atteindre les objectifs visés ?).
  • – le cadre de référence (dans quelles mesures, vos résultats sont-ils conformes aux composantes de votre cadre de référence et aux relations que ces dernières entretiennent entre elles ?).

Examen des pistes de recherches futures à la lumière de :

  • vos résultats (non prédits ou non attendus et significatifs; prédits ou attendus et significatifs).
  • l’évolution des connaissances dans votre domaine ou sur votre problématique.

Examen des forces et limites de l’étude

  • théoriques.
  • pratiques.
  • méthodologiques.
  • analytiques.

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