Principes et processus de l’interaction sociale (Définition, Habermas et l’agir communicationnel) Lundi, déc 7 2009 

GSO-1003

HABERMAS ET L’AGIR COMMUNICATIONNEL

1- Le modèle de la communication selon Habermas

  

La communication selon Habermas

  • La communication repose sur un contrat social.  Un consensus de la population pour réaliser quelquechose en société. 
  • La communication vise l’intercompréhension et le consensus à travers un ensemble plus ou moins bien défini d’ententes intersubjectivement partagées
  1. Entente:  accord entre 2 ou plusieurs parties
  2. Intersubjectivment: entre sujets engagés dans l’action
  3. Partagée: vécue et comprise par les parties

2- Le modèle de l’interaction selon Habermas 

L’interaction sociale selon Habermas

 

  • Structuraliste: Les structures aliènent l’homme.  De la pensée de Rousseau : “L’Homme naît bon, et c’est la société qui le corrompt.”
  • Fonctionnaliste: Causes et effets, objectifs précis.  De la métaphore du télégraphe.
  • Pragmatique: Suit une logique en s’appuyant sur des faits.
  • Critique: Remise en cause des points de vue, vision souvent négative.
  • La communication est l’unique processus qui permet de construire le lien social.

 3- Habermas et l’espace public

  • L’espace public est un lieu de médiation entre l’État et la société.
  • C’est un espace qui reconnaît la discussion publique (argumentation) comme fondement de la démocratie.
  • L’espace public est beaucoup plus grand que l’espace politique parce que beaucoup plus large et comprenant tous les domaines.

3.1. La société: un réseau d’interactions (modèle)

  • La société s’entend et s’interprète comme un réseau d’interactions entre individus.
  • 2 types d’actions sociales:
  1. Agir stratégique: gagnant/perdant, logique instrumentale, rapport de force
  2. Agir communicationnel: notion de partage, entente des partenaires
  • Les conditions au consensus communicationnel (Lien avec socio po):
    • Prétention à la validité
    • Partage intersubjectif des prétentions
    • Possibilité d’argumentation

En somme, nous savons que l’interaction est un processus continu (1); centré sur le partage de significations, valeurs, normes, etc. (2); omniprésent, soit qu’il est impossible de ne pas communiquer (3); qui ne vit que par les langages, et non pas que par les mots (4); prévisible, parce que gérer par des normes (5); qui se vit d’égal à égal ou à la verticale (6); transactionnel, les échanges d’informations de Watzlawick (7); qui comporte des transactions symétriques (ou asymétriques) et complémentaires (8); qu’il s’effectue à 2 niveaux : contenu et relation (9); qui repose sur des ententes intersubjectivment partagées (10); dans lequel les participants jouent un rôle, établit en fonction des intentions de chacun (11); qui se vit comme une action, de deux types soit: stratégique et communicationnel (12); à travers l’argumentation, sur l’espace public (13).

Principes et processus de l’interaction sociale (Interaction sociale, non-verbal et métacommunication) Dimanche, déc 6 2009 

GSO-1003-00

INTERACTION SOCIALE

1- L’interaction sociale

1.1 Watzlawick : Les 3 principes fondamentaux de la communication

  • La communication est un processus continu : on ne peut pas ne pas communiquer
  • La communication est un partage de significations : on ne communique pas seulement par les mots, mais aussi par des attitudes
  • La communication est prévisible : parce que l’on fonctionne selon les normes de la société, ça prend un cadre

1.2 Les axiômes de la communication

  • (Yves Winkin) Nous ne pouvons pas ne pas communiquer :

-Un silence éloquent, ne pas parler lorsqu’on le devrait peut signifier beaucoup de sous-entendus

-Les gestes parlent également beaucoup

 

  • (Yves Winkin) C’est un processus continu :
  1.  
    1. Métaphore de l’orchestre (sans chef) :

La communication est conçue comme (1) une activité sociale; (2) s’opère selon de multiples modes, verbaux ou non verbaux; (3) l’intentionnalité ne détermine pas la communication; (4) est considérée comme un construit (mental) permettant une étude interdisciplinaire de la dynamique de la vie sociale; (5) un vaste système intergénérationnel (chaque acteur social ayant progressivement appris certains des codes et « programmes » de son groupe, de sa classe, de sa communauté); (6) le communicateur fait nécessairement partie du système qu’il désire analyser.  (comm. criculaire)

         2.    Métaphore du télégraphe :

La communication est conçue comme (1) une activité individuelle (le mécanisme qui la fonde est celui d’une transformation des idées intérieures en des paroles ou images extérieures); (2) une activité verbale (orale ou écrite); (3) une activité rationnelle et volontaire; (4) qui peut être évaluée; (5) une suite de séquences linéaires (émetteur à récepteur).  Le communicateur peut observer en toute indépendance.  Il n’est pas inclus dans le système.  (comm. linéaire)

-La plupart des paradigmes actuels sont basés sur la métaphore de l’orchestre.

-La communication « socialise les surprises ».  Ce qui se passe dans la communication sociale est beaucoup plus un processus de normalisation d’information qu’un processus de transmission.  L’information est normalisée dans les sens où elle est traitée en fonction de significations sociales déjà existantes, couramment acceptées.  C’est ce qui se passe en général lorsque se produit un événement non attendu, ou qui va à l’encontre d’attentes tenues allant de soi.

  • (Yves Winkin) L’intention fonde la communication (1.) alors que l’homme habite la communication (2.) 
  1. Surtout dans la métaphore du télégraphe, on croit que seule l’intention suffit, alors on envoie le message et on n’attend pas de feedback
  2. Surtout dans la métaphore de l’orchestre, parce que la participation prime, on en discute, on intervient, le feedback devient alors très important.
  • (Watzlawick) La communication se fait à deux niveaux : relation et contenu
    1. Relation : c’est ce qui est convenu entre 2 personnes
    2. Contenu : c’est ce qu’on convoque, c’est le message

 

  • La communication s’effectue d’égal à égal (lors de discussion) ou à la verticale (dans le cas des entreprises)

 

  • Elle est transactionnelle, parce que c’est un processus continu

Il existe 2 types de transactions :

  1. symétrique (et/ou asymétrique) : la relation est la même de chaque côté
  2. complémentaire : dans le but de changer les choses

 

1.3 Myers et Myers

  • La communication est un processus prévisible, continu et toujours présent, de partage de significations à travers une interaction de symboles
  • On s’intéresse aux symboles qui sont évoqués (sémiologie), en publicité par exemple

 

1.4 Bateson et le contexte interactionnel

  • Lieu et moment de l’interaction (essentiel parce qu’ils ont un impact direct sur le contexte)
  • Type de transaction en cours (indique l’accord sur la relation)
  • Conjonction des niveaux d’interaction (indique aussi l’accord sur la relation)
  • Partage de significations (système de transactions sociales liées ensemble pour atteindre le consensus)

1.4.1 Bateson et les conventions

  • Une convention est une proposition relationnelle que les acteurs de la relation sont appelés à accepter ou à rejeter

LE NON-VERBAL

2- La communication non-verbale

  • La communication non-verbale regroupe toute forme d’échanges de signes non-linguistiques (gestes, attitudes, sons, odeurs, éléments visuels, etc.)
  • Elle révèle plus d’indices de contenu et de relation que le langage verbal
  • Sa manifestation est plus ou moins consciente
  • Il est impossible de feindre une communication non-verbale

 

2.1 (DeVito) Les fonctions du langage non-verbal

  • Le renforcement 
  • La contradiction
  • La régularisation
  • La substitution (remplacer le verbal)

 

LA MÉTACOMMUNICATION

 3- La métacommunication

  • Elle est l’action partagée par des acteurs autour de la négociation des conventions
  • C’est une communication sur la relation

 

3.1 Selon Bateson:

  • Communication sur la communication, elle est presque toujours présente.  C’est une communication qui se déroule sur une communication mais aussi sur une relation.

Principes et processus de l’interaction sociale (Objectif général et lien social) Lundi, nov 30 2009 

GSO-1003-00

OBJECTIF GÉNÉRAL

 

- Comprendre les principes et les processus de l’interaction sociale dans une perspective d’intervention en communication sociale. (Site web de l’UQTR)

- Comprendre la nature du lien social et être en mesure de poser un diagnostic sur la condition de celui-ci dans le contexte contemporain des études en communication sociale.

« Lorsque des personnes jusqu’alors inconnues l’une à l’autre se rencontrent, l’anonymat de leur relation qui, au mieux, ne fait que commencer à disparaître, se traduit pour eux-mêmes et pour les autres par de nombreux signes.  De même, lorsque des personnes en relation ancrée se trouvent sans encombre à portée de contact, le fait que leur relation n’est pas anonyme est indiqué.  En effet, dans les deux cas, les participants sont subtilement obligés de se traiter mutuellement de façon à révéler incidemment ces bribes d’information.  Toutes ces indications à propos des liens qui unissent les personnes, qu’elles impliquent des objets, des actes ou des expressions et à la seule exclusion de l’aspect littéral des énoncés explicites, je les nomme les «signes du lien ».

-Erving Goffman, La mise en scène de la vie quotidienne: les relations en public,

 Paris: Éditions de Minuit, 1973, p. 186.

LE LIEN SOCIAL

1- Le lien social

1.1 Nature et définition

  • Le lien social est le sens que prend une relation particulière pour un ensemble d’acteurs vivant dans des environnements conventionnés.
  • C’est un ensemble de relations sociales qui s’organisent autour de consensus plus ou moins explicites en vue de développer ou de maintenir un minimum de cohérence et de cohésion sociale.  Il implique l’existence de normes et de règles de conduite à respecter.
  • C’est une construction sociale, sur la base des relations sociales.
  • Selon Habermas, c’est un ensemble d’ententes intersubjectivment partagées. (modèle)
  • C’est un ensemble de conventions, implicites et explicites, qui dictent le comportement des membres d’une collectivité.
  • C’est un ensemble de croyances et de valeurs autour desquelles il existe un consensus au sein d’une collectivité.
  • Il est une grammaire du comportement en société.  Et un contrat implicite qui oriente les membres d’une collectivité.

 1.2 Le lien social comme objet d’étude et comme champs d’intervention

  • Goffman: L’identité d’une personne se construit dans son rapport à autrui.  L’identité résulte d’un processus complexe qui lie étroitement la relation à soi et la relation à autrui, l’individuel et le social.  Ainsi, identité égale rapport à autrui(modèle)
  • Marc Émond: Les déclinaisons de l’identité:
  1. Sentiment de soi: ce qu’on ressent à un moment précis
  2. Image de soi: façon dont on se voit dans la société à un moment précis
  3. Représentation de soi:  façon dont on se décrit, analyse de nous-même
  4. Estime de soi: façon dont on s’évalue
  5. Continuité de soi: propre perception du changement dans l’individu (stabilité)
  6. Soi intime : personne qu’on est intérieurement
  7. Soi social: identité qu’on montre aux autres dans un groupe (normes)
  8. Soi idéal: ce que l’on voudrait être (construit par l’influence de la société)
  9. Soi vécu: comment on se sent être, englobe l’identité et toutes les autres déclinaisons
  •  Mead (1): Les instances de l’identité:
  1. MOI : ensemble des rôles tenus en société, valeurs et normes de la société que l’on veut respecter
  2. JE: spontanéité et innovation personnelle, ce que l’on ressent
  3. SOI: c’est l’identité, l’association entre le MOI et le JE
  • Mead (2): La synthèse de l’identité:
  1. L’identité est un processus.
  2. L’identité est un rapport de forces entre l’individuel et le social.
  3. L’identité est une construction à travers différents types de relations sociales.
  4. L’identité se construit toujours en fonction des rapports à autrui.

2- Les types de liens sociaux

Les types d’interactions sociales

HUMAINES

MÉDIATISÉES

  • Individu-individu
  • Individu-individu
  • Individu-groupe
  • Individu-groupe
  • Groupe-groupe
  • Groupe-groupe
  • Groupe-communauté
  • Groupe-communauté
  • Communauté-communauté
  • Communauté-communauté
  • Les médias (notamment les médias de masse) sont l’intermédiaire entre ces gens, c’est la nature de cet intermédiaire qui va modifier le message.
  • McLuhan: les médias sont l’extension de l’homme.  Tout ce qui permet la communication à petite et grande échelle peut être considéré comme un média.

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